le perron liegeois...

Anecdotes, explications, cours du mercredi...

Modérateur : Andrieu Dervenn

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Papa Ours
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le perron liegeois...

Message non lupar Papa Ours » 30 mai 2019 23:37

C'est un pilori devant lequel :
on rendait la justice,
on promulguait les règlements, les mandements et les édits,
on publiait les prix
on proclamait les bannissements, etc.
Il est constitué d'une colonne sur un socle, surmontée d'une pomme de pin et d'une croix. L'origine en est obscure et probablement païenne.
En Principauté de Liège, il fut le lieu où les lois et les règlements devaient avoir été proclamés en public pour être appliqués. Il était ainsi le symbole de l'autorité et de l'autonomie, d'abord du Prince-Évêque, puis plus tard de la ville.
Au cours du XIVe siècle, les « Bonnes Villes » (celles possédant une charte communale) de la principauté ont aussi pu ériger leur propre perron. Huy, première ville d'Europe du nord à s'être vu attribuer une charte communale en 1066, possédait un perron dès 1235. Dès le XIIe siècle, le perron figurait sur les pièces de monnaie du Prince-évêque de Liège Henri II de Leez (issu de la noblesse de Grand-Leez).

Il existait également des perrons en Principauté de Stavelot-Malmedy, voisine de la Principauté de Liège.
A Vottem existait un perron "de remplacement" : lors de la révolte des liégeois en 1346, Englebert de La Marck, aidé par une coalition menée par le Roi des Romains, Charles, et son père Jean Ier de Luxembourg (dit "Jean l'aveugle", roi de Bohême) tente de prendre le contrôle de ce perron afin de donner force de loi à son édit de bannissement à l'égard des chefs rebelles. Cela donne lieu à la 1° bataille de Vottem (19 juillet). (Jean l'aveugle ira chercher la mort un mois plus tard à Crécy).

Au XIVe siècle, il fut intégré aux armoiries de la ville (il l’est toujours à ce jour).
L’interprétation des lettres L et G « accotant » le perron dans l'héraldique liégeoise à partir de la Renaissance est née du désir bien humain de donner un sens à tout.
À l’origine, ces deux lettres servent simplement à distinguer le perron de Liège de celui de Saint-Trond (S et T) et de quelques autres perrons d’autres Bonnes Villes du pays de l’Évêque (de Liège).
Au Moyen Âge, on voit quelquefois des perrons liégeois entourés non pas des seules lettres L et G, mais de Lie Ge ou Ly Ge.
Une légende relativement récente veut y lire Libertas Gentis, « Liberté du Peuple » puisque le perron symbolise, dans tout le pays de Liège, depuis le Moyen Âge, la droiture de la justice et la fierté des libertés. Cette interprétation plaît beaucoup aux Liégeois.
Vive valeqe...

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