histoire et évolution du casque et de l'armure

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histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:24

Vers 700

La broigne semble être le plus ancien vêtement militaire dont nous avons la trace, mentionnée dans les capitulaires de Charlemagne.

C’est à l’origine une armure de torse, dépourvue de manches, confectionnée d’un support de cuir ou d’étoffe sur lequel sont juxtaposées des mailles en fer, rondes ou carrées, plus ou moins aciérées par cémentation et fixées par un rivet central.

Ces mailles pouvaient être superposées et imbriquées de façon à couvrir le rivet, ce qui rendait l’armure plus efficace mais plus lourde.

Un autre modèle de broigne dite " treillissée " était faite de cuir clouté.

Moins protectrice, mais plus simple et moins chère, elle équipait les moins fortunés des chefs de guerre.

Il existait parallèlement à ces deux types de broigne une troisième sorte appelée " broigne treslie ", constituée d’anneaux de fer entrelacés appelée aujourd’hui cotte de maille. Plus souple, plus légère, plus agréable à porter (quoique) mais beaucoup moins résistante. Également plus difficile à réaliser et donc plus chère, cette sorte de maille semble n’avoir au début équipé qu’une élite, puisque la broigne classique d’écaille n’équipait que les chefs.

La maille annelée et la broigne en maille pleine, sujets à controverses et polémiques ont pu exister sous divers aspects, (maille quasiguesnée, ou quasiguainée, maille cloutée, maille lacée, maille de haute clouure, de demi clouure, maille annelée juxtaposée, maille rustrée de forme ovale à moitié couverte par la maille suivante, maille maclée en forme de losange et imbriquées aux autres comme des tuiles …), nous n’entrerons pas dans le débat.

La broigne disparaissant progressivement depuis le début du XII ème siècle,subsistera sous diverses formes jusqu’au début du XIVème siècle. La maille treslie perdurera jusqu'à la moitié du XVème siècle, n'étant plus utilisée alors que pour couvrir les parties du corps que l'armure ne protégeait pas ou mal, telles les saignées de bras, d'aisselles, de genoux etc.


Vers 800

Adjonction de manches courtes et allongement de la broigne jusqu’à couvrir les cuisses.

La broigne se complète d’une coiffe assortie, improprement appelée camail.

bouclier en amande le camail n'est que la partie qui protège le cou, (mot utilisé également pour cette même partie du costume religieux, ou pour les plumes du cou des volatiles...) pour la cagoule complète, on parlera plutôt de coiffe de maille

Création du service militaire pour les propriétaires d’au moins 4 manses ( environ 50 hectares selon les régions) mais seuls les propriétaires d’au moins 12 manses devaient se présenter vêtus de la broigne. Celle ci bien que très onéreuse faisait l’objet d’ordonnances très sévères de Charlemagne qui en interdît la vente au delà des frontières. Seuls les hommes libres et riches, gros propriétaires terriens possédaient un habillement militaire complet.

Au milieu du IXème siècle, certains guerriers de Charles le Chauve portent la cuirasse de fer héritée des romains : le thorax nommé " lorica " lorsqu'il était en cuir.

Le casque est du type cervelière conique à capeline et nasal, ou du type morion dit " carolingien " qui sera repris bien plus au XVIème siècle avec une forme très évoluée.

bouclier rond
L’allure générale du costume est très byzantine, théâtrale et probablement apocryphe.

Le Bouclier est rond ou en amande, bordé et renforcé de fer.

C’est aussi te temps des Vikings. Ils ne portent pas d’armure de maille, trop lourde et peu manœuvrante pour des marins, mais du cuir et de la peau. Parfois de la broigne dite treillissée (voir plus haut) et rarement de casque (sauf au cinéma où ils deviennent cornus...) Leur bouclier est rond et large, attaché à l'extérieur du bordé entre les bancs de nage, il rehausse le plat bord de leurs herskips communément appelés drakkars depuis le XIXème siècle.


Vers 900

Le casque se simplifie, le casque rond et le morion capétien apparaissent.


Vers l’an mil

Nous voici déjà à la moitié du Moyen Age, l'élection et le sacre de Hugues Capet en 987 marque la fin de ce que l’on nommera plus tard le haut Moyen Age, le temps des invasions des hordes dites barbares et des vikings est révolu, la civilisation s’est ré organisée pour s'équilibrer dans la féodalité.

Avec le retour d'une relative stabilité sociale le commerce reprend son essor, le développement des échanges accroît la richesse et le besoin d'expansion. D’autres formes de conflits vont apparaître qui vont voir se modifier petit à petit l’équipement de la soldatesque. Le casque conique à nasal porté avec le camail ou par dessus une coiffe de maille complète se généralise.

1096 - 1099 première croisade. Prise de Jérusalem.


Vers 1100

La lourde broigne tend à s’alléger au profit de la broigne treillissée, puis commence à disparaître lentement (jusqu’au XIV ème) pour laisser la place à l’ancienne cotte de maille " le haubert " qui revient en faveur avec les croisades. Ce vêtement de maille était alors appelé jazeran jusqu'à la fin du XIIIème siècle.

Réservé aux chevaliers il se complète de chausses couvrant les pieds, les jambes et le ventre. Il se porte par dessus un gambison de cuir matelassé qui amortit le poids, les frottements et les coups. Par dessus le haubert se porte une cotte d’arme en étoffe, souvent richement décorée qui protège également contre l’échauffement au soleil.

Le casque s’arrondit pour donner la cervelière légère, tandis qu’apparaît un modèle de bataille, complété de la visagière. Ce casque plus lourd, dit à masque , sera appelé heaume et deviendra petit à petit hémisphérique et plus enveloppant.

Au XII ème siècle, le heaume n’est donc encore qu’un casque simple augmenté d’une visière.

Le bouclier en amande très cintré commence à se peindre de signes distinctifs, tels que la croix des chevaliers faisant partie d’un ordre croisé ou le besan.

C'est la naissance de l'héraldique qui va se développer pour que toutes ces troupes hétéroclites puisent mieux se différencier et se reconnaître sur les champs de batailles, cette science en éveil sera plus tard codifiée à mesure de son évolution jusqu'à atteindre une complexité qui en fera le domaine réservé des clercs hérauts et rois d'armes en charge également de la diplomatie.


1147 - 1192 deuxième et troisième croisade.



Vers 1200

Le haubert et la cotte d’arme se généralisent, sans grand changement durant tout le XIIIème siècle.

Le casque se complète d’une plaque sur la nuque, qui très tôt sera reliée à la visagière, puis il s’aplatit formant ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le heaume classique.

La terminologie gardera l’appellation de heaume comme vocable générique pour désigner à peu près toute sorte de casque lorsque ceux ci ne seront pas expressément désignés.

1202 - 1229 quatrième cinquième et sixième croisade.


Vers 1230

La taille du bouclier diminue et sa longueur n'atteint plus que rarement le mètre excepté pour le pavois qui équipe certains fantassins tels les archers et arbalétriers.

1248 - 1254 septième croisade.


Vers 1250

Apparition des ailettes sur les épaules, plaques de fer maintenue par des courroies sous les aisselles et s’appuyant sur les joues du casque pour former un plan incliné. Elles servaient à parer les coups fracturant les clavicules en glissant du heaume vers les épaules.

Des plaques de renfort dites " plates " en cuir, fer ou laiton furent cousues sur la maille, d’abord sur les tibias (grèves) et les genoux (genouillères), puis sur les coudes (cubitières).

Apparition de la rondelle de lance pour la joute

Le heaume se diversifie, il gagne en efficacité de protection en devenant conique, puis arrondi.


Vers 1260

le perfectionnement des défenses corporelles avec les plates permettent d’alléger le bouclier et de l’amener à sa forme triangulaire d’environ 60 x 60cm.

Il devient l'écu sur lequel les armoiries sont peintes de manière très visible jusqu'au début du XVème siècle. Il donnera son nom à la monnaie sur laquelle il figurera à partir de Louis IX.

1270 huitième et dernière croisade. Mort de Louis IX (appelé plus tard Saint Louis).

Vers 1300

Apparition des premiers renforts de " plaques " aciérées façonnés sur les épaules, les spallières et de la défense complète des bras en tuyau.

Apparition également des premières protections de poitrine par des plaques courbées plus ou moins nombreuses, recouvertes de tissus (cotte à plates et cuirassine, dont l’aboutissement sera la brigandine à partir de 1360).

Le heaume, bien que se perfectionnant se voit concurrencé par les premiers Bascinets à visières bulbeuses et en trompes.

1312 dissolution de l'ordre des templiers.


Vers 1326

apparition des premiers -canons.

1328 début du bas moyen âge, Mort de Charles IV dernier roi capétien et couronnement de Philippe VI, premier Valois.

1346 défaite française à Crécy première grande bataille décisive de la guerre de cent ans.

L'écu diminue encore, mais devient plus long que large.


Vers 1350

Apparition de la poitrine d’acier avec ses chaînes (de une à quatre) retenant la dague, l’épée, l’écu et le heaume ; les bras et jambes sont complètement enfermés.

Apparition du soleret en lames articulées.

Le heaume classique perdure, malgré la nette progression du Bascinet à camail et à bretèche qui se généralise.

Apparition également du Bascinet dit à mézail, du chapel de fer, et de la salade qui est en fait à l’origine un chapel de fer dont les bords sont très rabattus vers le bas, et dont une vue est percée sur le devant lorsque c’est nécessaire.

L'écu se dote de deux côtés parallèles et verticaux sur le quart de sa hauteur, pour bien reproduire le chef rectangulaire, (pièce honorable en héraldique).


Vers 1360

Apparition de l’arrêt de cuirasse servant à soutenir la lance pointée.


Vers 1370

Première apparition du harnois blanc complet. Par opposition au harnois peint des époques précédentes.

Les hommes d’armes et fantassins, quant à eux remplacent la cotte d’arme par le hoqueton de peau ou d’étoffe plus court.

La dernière génération de heaume apparaît, dont celui dit à tête de crapaud tandis que le Bascinet à visière se développe et qu’apparaît la barbute.

Typiquement d'origine italienne, (la barbuta) dites aussi salades à l'italienne ou à la française, ces modèles sont quelquefois appelés "armets vénitiens" par certains auteurs. la terminologie est discutée, nous considérons que la barbute se différencie de la salade par des joues très enveloppantes, un couvre-nuque peu accentué et souvent un petit nasal (rarement au delà de 1450). Lorsqu'un casque tient un peu des deux catégories, il conviendra de parler de barbute-salade, ou de salade-barbute selon qu'il tient sa caractéristique principale de l'une ou de l'autre.

L’écu s’incurve davantage verticalement. Il se diversifie, devient parfois concave avec la pointe projetée sur l’avant, tandis qu’apparaît une échancrure sur le canton dextre pour permettre de pointer le bois de la lance. Il devient la targe. Parfois même, celle ci est marquée par une nervure centrale.


Vers 1380

Apparition de la braconnière constituée par l'ensemble des lames articulées protégeant le bassin et fixées au bas de la cuirasse.

La pointe du soleret commence à s’allonger.

Apparition du Bascinet dit à museau de chien, du chapel de fer à nasal en Allemagne et développement de la barbute avec des modèles rappelant le casque des hoplites grecs.


Vers 1395

Apparition des tassettes. Ce sont les pièces mobiles attachées sur le deuxième et troisième rang de la braconnière, protégeant le défaut de l'armure entre le bassin et le haut des cuisses.

Apparition du grand Bascinet, abandon total du heaume de guerre


Vers 1400

Les fantassins adoptent la pansière ou plastron de fer, portée sur le gambison, et complétée; parfois d’un colletin et de pièces d’épaule selon sa fortune.

Diversification, du grand Bascinet, développement et diversification de la salade et de la barbute qui cohabiteront durant tout le XV ème siècle, avec un net avantage pour la salade qui perdurera et concurrencera l’armet jusqu’au XVI ème siècle.


Vers 1410

Développement des armures à corselet et à braconnière en lames. La brigantine richement armoriée est toujours portée par les grands personnages. Les rondelles de plastron protégeant les aisselles se généralisent.

Le grand Bascinet se perfectionne et laisse entrevoir ce que sera l’armet.

1415 Bataille d´Azincourt, sévère défaite française face aux archers de Henry V.


Vers 1430

Les cannelures apparaissent sur les ailerons des cubitières et des genouillères . La cubitière commence à s'agrandir.

La pointe du soleret s’allonge, il est dit " à la poulaine. Cet appendice, souvent amovible et porté uniquement à cheval s’est vu gratifier de nombreuses supputations. la poulaine héritée du costume civil sera à la mode jusqu’aux environs de 1480, après quoi elle aura tendance à disparaître.

La barbute et la salade sont en plein essor, tandis que l’on assiste à la première apparition du bicoquet et de l’armet à vervelles. Il s’agit en fait d’une transition entre le grand Bascinet et l’armet véritable qui se rétrécit au niveau du cou pour mieux épouser l’anatomie. Comme l’armet du premier type qui apparaîtra vers 1500, il était pourvu de charnières latérales. Il s’ouvrait donc en deux parties au niveau des joues afin de pouvoir y introduire la tête.

Avec l'armure complète l'écu n'est plus nécessaire et il est abandonné, il ne sera plus porté que par certains fantassins peu protégés, les archers et arbalétriers lui préférant le grand pavois pour les sièges et la boce (sorte de bouclier de poing porté à la ceinture) plus maniable pour le corps à corps.

La chevalerie en armure ne portera plus l'écu que dans les tournois et les pas d'armes courtois. Pour les joutes la targe est bien sûr toujours en vigueur.


Vers 1440

Les spallières deviennent plus enveloppantes.

Disparition des derniers grands Bascinets.

Vers 1450

l'armure complète ou harnois blanc en raison de ca couleur d'acier poli au vif atteint la perfection, elle est alors très répandue. Si les plus belles pièces sont l'oeuvre de maîtres artisans internationalement réputés, la plupart sont fabriquées désormais de façon industrielle. Certaines villes d'Europe acquièrent une grande notoriété dans cette production, et principalement Milan.

Le bicoquet et l’armet à vervelles puis à gorge se développent et entrent en concurrence avec la salade qui se diversifie.

1453 fin du Moyen Age. une page se tourne sur 1000 ans d'histoire...

Jusqu'ici les canons et autres bouches à feu étaient plus bruyantes que véritablement efficaces et parfois même aussi dangereuses pour les servants que pour la cible.

Leur prix, leur maniement et les problèmes d'intendances qu'elles suscitaient les reléguaient d'avantage à effrayer ou faire preuve de puissance tonitruante. La prise de Constantinople et la bataille de Castillon marquent la fin de ce temps.

Le développement et l'efficacité accrue de l'artillerie révolutionne les techniques militaires et les grandes charges de chevalerie à la lance sont désormais d'un temps révolu.


Vers 1460

La mode est aux tassettes courtes en lamelles assemblées et des garde au bras démesurés font leur apparition surtout en Angleterre.

Apparition du pistolet à mèche et de la haquebute appelée aussi arquebuse à croc.


Vers 1475

les cannelures se généralisent et se multiplient, surtout en Allemagne ; l’Italie et l’Allemagne fournissent les plus beau spécimens, dits gothiques.


La salade devient élégante et tend à se généraliser. Elle connaît son ultime développement vers le type salade armet.


Vers 1500

Apparition de l’armure de transition ronde, puis à cannelures serrées et à grèves lisses caractéristiques.

Disparition du soleret pointu pour des formes plus élargies en bec de canne ou à pied d’ours.

Apparition massive du miton en forme de moufle.

Apparition de l’armet dit " du premier type ".


Vers 1510

Apparition des armures à costume, rehaussées de fines ciselures.

Apparition également de l’armure à tonne, pour le combat à pied.

Apparition du morion qui supplantera tous les autres types de casques du XVI ème siècle et qui sera très souvent exclusivement attribué à tort aux espagnols.


Vers 1512

Apparition de la protection totale de la saignée par lamelles articulées.


Vers 1515

La demi armure tend à se généraliser par la suppression des grèves et des solerets au profit des bottes.

Fondation de l’armurerie de Greenwich.

L’armet se perfectionne pour devenir celui qui sera dit "du second type".


Vers 1520

Abandon de l’armure cannelée en Italie, mais celle ci sera toujours en vigueur en Allemagne jusqu’en 1520.

Développement des armes à feu de poing, avec la platine à rouet.


Vers 1530

Apparition du busc accentué du plastron, formant " bréchet " ou " poitrine d’oie ".

Réapparition du gantelet à doigts articulés pour le tir au pistolet ; le miton restera cependant en usage.

Apparition des armures noircies ou bleuies au feu et des armures italiennes à l’antique.

Apparition de la bourguignotte ou casque dit à la bourguignonne, en concurrence avec les armets du premier et second type.


Vers 1540

Disparition de l’armure cannelée en Allemagne.

Le morion se développe, d'abord à la mode en Allemagne, il se répand dans toute l'Europe.


Vers 1550

Le busc du plastron s’allonge en " cosse de pois ".

Apparition de la cuirasse à tassettes formant cuissards.


Vers 1570

Le busc s’allonge en " panse d’oie " et en bosse de polichinelle à l’imitation du pourpoint dit à la polonaise.

Apparition des armures élisabéthaines de Greenwich.


Vers 1580

Apparition des tassettes arrondies sur les hanches et des tassettes articulées jusqu’au genoux, dites à l’écrevisse. Disparition quasi totale des cuissards.

Le décor des armures se perfectionne, le repoussé et le damasquinage atteignent la perfection en Italie.

Le morion cabasset fait son apparition.


Vers 1590

Disparition des armures italiennes à l’antique.

Le développement constant de l’artillerie verra progressivement la fin des armures dont on ne portera plus que les pièces essentielles, dont la cuirasse qui se verra considérablement renforcée (armures de siège).

Seuls les grands personnages et notamment les princes continueront quelque temps à se faire fabriquer des armures qui ne seront plus alors que des objets de prestige et d'apparat, symbole fastueux de leur puissance.

Pour finir, il n'en restera plus que le casque et la cuirasse qui équipera les cuirassiers et dragons jusqu'à la dernière guerre. Aujourd'hui, seuls quelques corps de prestige comme la garde républicaine perpétuent cette tradition si l'on excepte le gilet pare-balles qui en est la survivance contemporaine.


Vers 1600

Apparition des méthodes mécaniques de gravure et de repoussé. De larges médaillons ovales décorent les armures milanaises.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:28

Historique de la cervelière

À l´origine, c'est la forme la plus primitive du casque puisque comme son nom l´indique il ne s´agissait que d'une calotte de fer ou d'acier destinée à protéger la tête. Elle pouvait être portée seule par dessus un cale de coton ou de toile, avec une coiffe de maille ou un camail.

La coiffe de maille couvre entièrement la tête alors que le camail n'est que est bande de maille accrochée au casque par des vervelles et retenue par un lacet souvent de soie pour la solidité. La cervelière pouvait aussi être portée en casque léger par dessus laquelle s'emboîtaient les grands heaumes et les premiers grands bascinets.

Originaire du nord de l´Europe, en usage du VIII ème au XIII ème siècle, d´abord en cuir bouilli, et quelquefois en fer, elle s´est développée et pourvue d'un nasal (pièce de protection du nez sur l´avant) chez les Anglo-saxons, Normands et Vikings.

Dans sa forme primitive, le cervelière existe très certainement depuis l'antiquité, sous sa forme médiévale elle a perduré jusque vers la fin du XIII ème siècle et peut être un peu plus pour des combattants de fortune. Par adjonction de la pièce masquant le visage, la cervelière a constitué ce qu'on a appelé le premier Heaume à la fin du XIIème siècle.

Les plus anciens qui ont été retrouvés sont en assez mauvais état, les seuls qui ont été bien préservés sont des modèles orientaux tardifs.

Les fantassins lourd des troupes carolingiennes au IX et Xème siècle portaient la broigne d'écailles, le grand bouclier ferré pointu et allongé, et une cervelière à nasal descendant plus bas sur le visage ou augmentées d'une capeline sur la nuque.

Au Xème siècle les troupes capétiennes portaient encore la broigne d'écaille mais plus courte, descendant à mi-bras et mi-cuisse, ou bien la broigne de cuir cloutée dite treillissée. Le bouclier était rond et la cervelière ronde enveloppant la tête en descendant plus bas ou bien augmentée d'un petit bord sur le pourtour s'apparentant à ce qui deviendra plus tard le chapel.


Les vikings tout au moins certains chefs de guerre portaient parfois la cervelière augmentée d'une visagière courte ne couvrant que le nez et le haut des joues. La plupart des autres, contrairement à la tradition hollywoodienne ne portaient pas de casque, d'ailleurs bien que de réputation et tradition guerrière, c'était surtout un peuple d'agriculteurs éleveurs, de voyageurs et de commerçants. Les autres peuples de cette époque n'ont souvent rien à leur envier en matière de sauvagerie, les fameux drakkars sont aussi une invention du XIXème siècle...

Au début du XIème siècle, la broigne était faite d'écailles rondes, carrées ou losangées, cousues ou rivées sur un support de tissus épais ou de cuir. Le bouclier redevient long et pointu et le sommet de la cervelière est souvent plus pointu. Un empiècement carré de la broigne pendait sur le devant du torse et pouvait se relever et s'attacher au bas du casque pour protéger le visage, cette pièce s'appelle la barbe, la barbière ou l'aventail.

Dans la partie orientale de l'Europe, la cervelière a perduré plus longtemps et pouvait être augmentée de garde-joues articulées.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:28

Historique du heaume

Le heaume (ou hiaumet ou yaume) de l'allemand Helm est devenu un terme générique pour désigner toute sorte de casque.

En héraldique particulièrement, il désigne tout casque sommant l'écu et dont la position ou l'ornementation indique le degré de noblesse.

Plus spécifiquement il s´agit d´un casque sans articulation enveloppant entièrement la tête sans resserrement et percé d'ajours permettant la vision. Le grand heaume était porté par dessus un petit bascinet ou une cervelière d'étoffe â turban, de cuir ou de métal. dans la deuxième moitié du XIIIème siècle et jusqu'au tout début XIX ème, il était porté avec des ailettes de métal ou de cuir sur les épaules et protégeant les clavicules.

Le heaume classique fut en usage dans toute l´Europe de la fin du XII ème à la fin du XIV ème siècle.

Le heaume commence avec la cervelière augmentée d'une visagière percée des ajours pour la vue et la ventaille, puis il évolue jusqu'à enfermer complètement la tête. Le sommet arrondi ou légèrement en pointe de la cervelière à masque devient plat dans un premier temps puis très vite revient à la forme arrondie puis pointue plus à même de dévier les coups portés de haut en bas.

Dès la fin du XIIème siècle apparaissent les premiers cimiers, au début du XIIIème siècle la face avant s'est renforcée de pièce rapportée souvent en croix dans laquelle les ajours de vision étaient percés. Dans la première moitié du XIIIème les grands seigneurs le portent surmonté de leur couronne.

Dans la première moitié du XIIIème siècle la ventaille mobile apparaît, soit ouvrant par charnières latérales soit se soulevant, laissant présager le grand bascinet du siècle suivant mais le grand heaume sans articulation perdure en majorité et se porte par dessus le petit bascinet avec ou sans la bretèche.

A la toute fin du XIVème siècle le heaume est abandonné pour sa fonction de guerre, remplacé par le grand bascinet, mais il subsistera jusqu'au XVIème siècle pour les joutes où il atteindra sa perfection dans sa forme dite "crapaud"

De par le fait qu'il a connu une très grande diversité de forme sur une très longue période, le nom restera générique pour tout casque médiéval, particulièrement pour sa représentation symbolique du chevalier, pour les tournois et les joutes et bien sur pour l'héraldique.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:29

Historique du bascinet


Le moyen âge ne connaît pas l'orthographe formelle, on trouve donc indifféremment bacinet, bacinetz, bascinet ou plus récemment bassinet et probablement d'autres formes encore.

Personnellement par esthétique, je préfère utiliser l'orthographie bascinet pour le casque et je réserve celle de bassinet pour les autres acceptions du mot, de la pièce creuse qui reçoit l'amorce sur les platines d'armes à feu jusqu'à l'ustensile ménager en passant par le creux au milieu des reins.

À l´origine le petit bascinet et la cervelière se confondent puisque c'est aussi le nom de la calotte portée sous le capuchon de maille. Par la suite il s'agrandit et descend jusqu'au bas des joues sans rebord ni couvre nuque et ne dégageant que le visage, tout en s'allongeant en pointe vers le haut. Il était porté sous le grand heaume ou porté seul, parfois complété d´une bretèche amovible dès lors que la maille n'est plus portée en coiffe mais en camail.

La bretèche est la pièce couvrant la bouche et le nez, reliée au camail depuis le menton, elle pouvait s´attacher au casque par un crochet.

Il ne faut pas confondre le camail avec la coiffe de maille qui couvre toute la tête le cou et les épaules. Le camail n´est que la bande de broigne ou de maille rattaché au casque par les vervelles traversées d´un lacet, il protège le cou et les épaules sans alourdir inutilement la protection là où le casque le fait déjà.

Le bascinet s´est développé par l´adjonction d´une visière mobile, le mézail ou ventaille qui est la partie percée des trous d'aération. Le mézail se soulevant a petit à petit remplacé la bretèche qu'il fallait décrocher et raccrocher sur le frontal du casque. Cette pratique permettait de porter un grand casque fermé plus longtemps tout en pouvant se ménager des pauses de respiration plus facilement.

Par la suite le bascinet s'est complété d'un gorgerin colletin en remplacement du camail pour former le grand bascinet qui a remplacé le heaume traditionnel au cours du XIV siècle.

La transition s'est faite peu à peu, sur certains grands bascinets on distingue déjà les prémices de ce qui deviendra l'armet clos en se resserrant au niveau du cou, cependant une autre évolution va se faire jour avec la salade, en séparant la partie haute et la partie basse du casque.

Les deux tendances armet et salade ont cohabité et se sont concurrencées jusqu'à la fin du XVIème siècle, y compris pour les joutes.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:30

Historique du chapel de fer

Ce type de casque est aussi appelé capel de fer, chapeline ou hanepier, Il dérive de la cervelière par l'ajout de bordures et sa forme est empruntée au costume civil.

D'abord en bronze, sa forme remonte au moins à l'antiquité dans la Grèce classique du Vème siècle avant JC. Les échanges avec l'empire byzantin l'amènent dans l'Europe médiévale au cours du haut moyen âge où il équipera certains fantassins des troupes carolingiennes avec même une première variante vers la forme morion au IXème siècle qui ne perdurera pas.

Les fantassins capétiens l'utiliseront sous une forme ramenée plus sobre et il perdurera ainsi durant tout le haut moyen âge et le moyen âge classique. Il se développe et se diversifie vraiment à partir du XIIIème siècle et ses bords s'amplifient.

D'abord légèrement conique, le chapel a existé avec une grande variété de formes pour la taille de ses bordures et leur inclinaison. Des bords qui seront parfois de grande ampleur principalement pour les sapeurs qui devaient s'exposer pour attaquer le pied des murailles, ou pour les servants d'artillerie qui devaient avoir un casque les protégeant de projectiles, de pluies de flèches ou de coups portés par la cavalerie lors des sorties d'assauts pour tenter de dégager ou d'empêcher un siège. Par ailleurs ce casque devait permettre de voir dans toutes les directions sans gêner à la manoeuvre.

Extrêmement commun dans toute l´Europe du Moyen âge, des modèles à bords plus modestes étaient réservés aux fantassins, parmi lesquels les archers qui n'utilisaient que ceux dont la bordure sur l'avant était la plus petite car elle ne devait pas gêner le tir et la tension de la corde ramenée au point d'appui à hauteur de la joue.

Au début du XVème siècle, un modèle apparaît avec des bords assez larges et un peu rabattus, percés de deux fentes sur l'avant pour permettre la vision sans découvrir le visage. C'est le modèle dit de Montauban car il semblerait que ce soit dans cette ville qu'il ait fait son apparition.

La fin du XIVème siècle voit apparaître en Allemagne une forme avec le timbre en arête, à large bords très évasés dans lesquels deux découpes en arrondis dégagent la vue en formant un nasal très projeté sur l'avant.

Une autre forme arrive à la même époque, à sommité pyramidale et appelée chapel bernois. Cette forme s'amplifiera au milieu du XVème siècle en s'élargissant au milieu du timbre ce qui lui donnera tout à fait l'aspect d'un chapeau de costume civil.

Certains modèles aux bords très rabattus se rapprochent beaucoup de la salade, d'autant que à l'instar du modèle de Montauban ils étaient également percés de fentes pour la vision. On peut encore les classer dans les chapels lorsque les bords sont réguliers sur le tour du casque.

Le chapel ne protégeant que le dessus de la tête, il est souvent complété d´un gorgerin à bavière remontante ce qui le rapproche encore de la salade avec laquelle il a longtemps cohabité avant de céder la place à son ultime évolution sous la forme du morion puis du cabasset.

Le chapel complété de la bavière a aussi été porté quelquefois par la chevalerie en armures complètes, pour exemple l'armure de Jean-Poton de Xaintrailles (ancien compagnon de Jeanne d'Arc) équipée du chapel bernois vers 1435.

Il faut détromper une légende, ce casque a longtemps et est encore trop souvent considéré comme le casque typique des fantassins anglais du moyen âge, cette légende est en partie due au célèbre feuilleton "Thierry La Fronde" des débuts de la télévision qui s'est sans doute inspirée du casque Brodie appelé aussi casque Tommy des armées britanniques de la première guerre mondiale.

Peut être a-t-on cherché une certaine lisibilité du scénario pour le téléspectateur moyen, mais c'est peu probable car la réflexion n'allait pas aussi loin si l'on en juge à l'aune de tous les autres équipements et costumes de cette série pourtant restée chère à nos mémoires d'enfant.

D'ailleurs on peut noter aussi que le très mauvais casque Adrian français de la guerre de 14 - 18 est également une résurgence du chapel de fer légèrement mâtiné de bourguignotte.
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Andrieu Dervenn
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:30

Historique de la barbute

Typiquement d´origine italienne, (la barbuta) est dite aussi salade à l´italienne ou à la française, mais ces modèles sont quelquefois appelés armets vénitiens par certains auteurs.

C´est essentiellement autour des salades et des barbutes que la terminologie est la plus âprement discutée. Sans entrer dans la polémique, nous considérons que la barbute se différencie de la salade par des joues très enveloppantes, un couvre-nuque peu accentué et souvent un petit nasal (rarement au delà de 1450).

Lorsqu´un casque tient un peu des deux catégories, il conviendra de parler de barbute-salade, ou de salade -barbute selon qu´il tient sa caractéristique principale de l´une ou de l´autre.

Certains modèles s´apparentent beaucoup à certains casques grecs de l´antiquité. Il faut peut être y voir la raison pour laquelle ces modèles sont originaires d´Italie, alors très en avance à cette époque de pré renaissance inspirée de la Grèce voisine. Cette forme très élaborée, disparue depuis l´antiquité et réapparue à la fin du moyen âge témoigne de l´évolution des technologies et du raffinement italien.

La barbute s'apparente parfois au bascinet dont elle découle directement, d'autant qu'elle est parfois pourvue d'un camail, d'une bavière ou d'une visière qui marquent bien cet apparentement et cette transition. On parlera alors de bascinet à mézail, de barbute à visière ou de barbute à vervelles.

Dans le cas d'une transition, il est parfois difficile d'affirmer une distinction nette et cela reste une question d'appréciation de critères. Cependant, la datation sera aussi à prendre en compte, la barbute commence vers 1370, tandis que le bascinet évolue vers sa forme grand bascinet augmenté d'un colletin gorgerin et d'une visière. La barbute remplacera le petit bascinet et viendra à la mode principalement avec les arbalétriers génois.

La différence essentielle réside dans le fait que très souvent le sommet du bascinet est en ogive tandis que la barbute est ronde ou pourvue d'une petite crête encore que ces critères soient souvent démentis, mais surtout la barbute a des joues plus enveloppantes que ne possède jamais le bascinet qui n'est refermé sur l'avant que par une visière ou de la maille avec une bretèche.

La barbute présente souvent une ouverture caractéristique en forme de T, mais son ouverture peut aussi être plus large, en revanche, dans ce cas elle s'évase vers le bas en devenant une salade barbute ou une barbute -salade, ce qui la différencie du bascinet qui reste droit plongeant.

Il s'agit d'un casque élégant et très efficace permettant de voir et de respirer librement ce qui le fera adopter non seulement par les fantassins mais aussi par certains chevaliers qui la préfèreront au bascinet pour compléter l'armure jusqu'au développement de la salade qui la supplantera dans cette opportunité.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:31

Historique de la salade

Apparue vers 1350 en même temps que le développement des premières armures de plates, la salade est une variante évolution du chapel dont les bords sont très rabattus vers le bas, avec le percement de fentes pour permettre la vue sur le devant lorsque c'est nécessaire. Lorsque les bords sont réguliers sur le tour du casque c'est encore un chapel mais si le devant est découpé pour laisser le visage au moins en partie apparent, on parle de salade.

Ce casque se différencie de la barbute par l´accentuation du couvre-nuque ainsi que par le dégagement du bas des joues et du cou, il est donc très souvent complété d´une bavière.

On peut supposer que la confusion avec la barbute provient d´un quiproquo dans la traduction depuis l´italien de Celata par salade, mais les caractéristiques de la celata veneziana avec son petit nasal et ses joues enveloppantes qui cachent en grande partie le visage en font un casque plus proche de la barbute.

C'est donc un casque très simple appelé aussi pot-en-tête qui coiffe essentiellement les fantassins et sergents d'armes depuis le XIII ème siècle, mais ses qualités et surtout son adaptation dans des formes multiples en ont fait un casque très répandu et utilisé par tout type de combattants.

De même que la barbute, la salade sera également adoptée par la chevalerie en armure, et lui sera même très vite préférée.

La salade de forme ramassée était dite à la française, tandis que celle à couvre nuque rallongé était dite à l´allemande.

On trouve ce casque principalement sous trois formes; soit d'une pièce enveloppant toute la tête avec la partie avant percée de fentes pour la vision, soit en deux ou plusieurs pièces, la partie avant (le mézail) s'ouvrant pour dégager le visage, avec parfois des lames de couvre nuque articulées, soit d'une seule pièce avec la face avant découpée pour laisser le visage libre. Cette dernière version n'est parfois que le résultat de la première à laquelle il manque le mézail.

Le mézail (partie avant mobile et articulée) est dit à vue coupée lorsque la fente pour la vue est découpée dans cette visière. Dans ce cas, le mézail à une partie haute (au dessus de la ligne des yeux) qui renforce la partie frontale du casque. A contrario le mézail est dit à vidaille s´il ne comprend que la partie basse, dans ce cas l´espace pour permettre la vision se trouve naturellement laissé libre entre le frontal du casque et la visière lorsque elle est baissée.

Dans tous les cas, l'avant du casque ne descend jamais plus bas que le niveau du menton, la rotation de la tête en est favorisée mais le cou n'est pas protégé. La salade sera donc portée avec une protection de maille ou avec un gorgerin à bavière remontante. Pour ne pas poser problème, les deux pièces doivent s'adapter parfaitement entre elles et correspondre à la morphologie du porteur selon qu'il a la tête dans les épaules ou un cou démesuré.

L'apparition de l'armet clos vers 1500 puis de la bourguignotte vers 1530 n'a pas démodé la salade qui a perduré en concurrence avec ces nouveaux types de casques pour coiffer la chevalerie jusqu´à l´abandon de l´armure au XVII ème siècle.

Ce casque répandu à travers toute l´Europe a même connu une évolution vers un modèle mixte de salade-armet avec une visière à soufflet. Les renforts de plastron pour l'équipement de joute, pièces hautes et manteaux d'arme ont permis d'employer la salade jusque dans ces pratiques très spécifiques, et des modèles de salade ont même été conçus tout spécialement.

La plupart des représentations statuaires de Jeanne d'Arc utilisent soit le bascinet soit plus fréquemment la salade sans doute pour son élégance, mais ce type de casque a aussi équipé "les méchants", celui de Dark Vador de même que le casque des armées allemandes de la seconde guerre sont du type chapel-salade.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:32

Historique de l´armet

L'armet tient son nom du mot italien elmetto lui même emprunté de l'ancien français elmet, diminutif de helme ou hiaumet (petit heaume). Il est l'aboutissement du grand bascinet au XVème siècle, appelé aussi bicoque ou bicoquet, il marque l'évolution parfaite de la protection de tête et connaît un grand nombre de variantes.

Il se caractérise par le fait qu'il dessine la morphologie au plus près de la tête et révèle la forme du menton et du cou. On englobe donc dans cette catégorie tous les casques qui correspondent à ces deux critères mais certains modèles pas encore tout à fait aboutis bien que perfectionnés à partir de 1450 restent des bascinets dans la transition, sans être tout à fait des armets.

L'armet se décline sous deux appellations distinctes: L'armet dit du premier type et l'armet clos qui lui a succédé sans le remplacer, ces deux formes ayant cohabité jusqu'à la disparition des armures.

L'armet du premier type s'ouvre par des charnières latérales et ses joues mobiles se verrouillent sur le menton. Le mézail articulé sur deux pivots latéraux vient renforcer en se fermant la fragilité de cette jonction. Sur l'arrière il est aussi pourvu d'une rondelle qui protège également cette jointure au niveau de la nuque. La tige ou queue de timbre qui porte cette rondelle sert à passer la lanière de cuir pour assujettir l'armet sur la dossière.

L'armet clos n'a pas de charnières et ne s'ouvre pas latéralement, le mézail et la bavière s'articulent sur les mêmes pivots latéraux. Tous les autres critères prétendus de différences comme les crêtes ou les cimiers sont souvent mal interprétés car ils peuvent appartenir indépendamment à l'un ou l'autre type, bien que plus rares dans le premier.

L'armet dit "à la savoyarde" est typique et unique en son genre, il peut être indépendamment dans une ou l'autre catégorie et a existé avec beaucoup de variantes.

Ce qui fait sa spécificité est sa face avant ovoïde avec la découpe des yeux souvent bordés, avec parfois une avancée en visière au dessus de chaque oeil ou d'une seule pièce au niveau du frontal. La protubérance du nez peut aussi être marquée, toutefois cet armet a sa place à part dans la catégorie que l'on désigne sous l'appellation des "armets à visage", il est quelquefois même hybride entre la bourguignotte et l'armet.

A noter que sur le côté droit de certains mézails d'armet tardifs il existe une petite ouverture sur charnière. Il s'agit simplement d'une aération et non comme il a été prétendu longtemps d'une ouverture pratique pour permettre au chevalier de sonner du cor... Les légendes ne s'embarrassent pas de chronologie ni de logique pourvu que l'imaginaire y trouve son compte.

Au début du XVIème le décor des armets s'enrichit, notamment par l'ajout de visages caricaturaux ou de faces d'animaux. La crête également se développe en hauteur jusque vers la fin du XVIème siècle.
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Re: histoire et évolution du casque et de l'armure

Message non lupar Andrieu Dervenn » 16 mai 2015 08:33

Le mézail

Le nom est d'origine imprécise, probablement dérivé de médius (qui est au milieu, à demi) avec le suffixe "ail" et sous l'influence des formes occitanes en -Z-. Le lien avec le mot français "maisselle" (visière) dérivé du latin maxilla (mâchoire) est moins probable.

Le mézail, également nommé ventaille, carnet ou viaire est la partie mobile qui se rabat sur le visage à l'avant du casque. Les trous permettant la vision sont appelées perçures ou vues.

Il remplace le système de la bretèche, et n´apparaît qu´à partir de la seconde moitié du XIV ème siècle, sur quelques très rares heaumes évoluant vers le bascinet, sur le bascinet ensuite qui évoluera en armet au XV ème siècle puis sur la salade et quelquefois aussi sur la barbute.

Sur certains casques, le mézail se dit "à vue coupée" lorsque la fente pour la vision est découpée en pleine pièce, lorsque un espace pour la vision est laissé entre le haut du mézail quand il est descendu complètement et le frontal du casque, donc sans découpe, le mézail est dit "à vidaille".

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