Les supports d'ecriture

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Les supports d'ecriture

Message non lupar Andrieu Dervenn » 11 sept. 2009 09:43

Fabrication du papier (sources de l' Institut Provincial Arts et Métiers de Nivelles.)


Historique.
L’écriture. Dans les temps préhistoriques, c’est par la peinture, le dessin, la gravure que l’homme assouvit son besoin d’expression.Les grottes de Lascaux en Dordogne et d’Altamira en Espagne, aux murs couverts d’admirables peintures rupestres, sont les premiers témoins que nous ayons retrouvé du don de figuration que possédaient nos ancêtres. Ces procédés étaient longs et demandaient de grandes surfaces. En stylisant les dessins, on arriva à concevoir des signes symboliques. Les hiéroglyphes égyptiens ou les idéogrammes chinois en sont des exemples. L’écriture était née.
Les Sumériens, les Phéniciens, puis les Grecs et les Romains modifièrent et simplifièrent cette écriture pour arriver à notre alphabet.

Les supports de l’écriture avant le papier.
Parti de la pierre, puis de l’argile, l’homme avait cherché une matière plus transportable et plus facile à travailler. Le cuivre et le plomb, des plaquettes recouvertes de cire, des coquillages, les feuilles et l’écorce de certains arbres, des étoffes furent tour à tour utilisés. Pendant toute l’Antiquité et jusqu’à la fin de l’Empire romain, le papyrus fournit le support de l’écriture. Ce sont les Egyptiens qui eurent l’idée de tirer parti du papyrus, plante aquatique haute de 2 à 4 mètres, abondant sur les bords du Nil, et en Sicile dans la région de Syracuse. Pour la fabrication des feuilles de papyrus, on sélectionnait les plus fortes tiges que l’on tronçonnait sur une longueur de 60 à 70 cm.
L’écorce enlevée, on séparait à l’aide d’une lame mince les cloisons fibreuses se présentant sous forme de fines lamelles très résistantes, qui augmentaient de finesse et de blancheur en se rapprochant du centre. On étendait alors ces bandelettes côte à côte sur une pierre plate, humectée d’eau du Nil qui tenait lieu de colle. Cette première couche était homogénéisée avec une spatule, puis une deuxième couche était appliquée à angle droit par rapport à la première. Humectée par l’eau du fleuve, l’ensemble était martelé pendant une heure ou deux, jusqu’à l’amalgamation complète. La feuille après avoir été pressée, était séchée au soleil, polie avec un caillou rond et rognée. Le côté où les bandes se présentaient horizontalement s’appelait le « recto » et servait à l’écriture, l’autre côté s’appelait « verso ».
Après un léger encollage, on pouvait écrire sur le support ainsi préparé et le conserver très longtemps. En joignant bord à bord une vingtaine de ces feuilles, on formait un « scapus » (main), plusieurs scapi formaient un « volume ». Les Grecs et les Romains, par économie, utilisèrent à côté du papyrus, des tablettes de bois, d’ivoire, de plomb et de cire.

Il semblerait que Euméne, roi de Pergame, fut le premier à utiliser le parchemin comme support de l’écriture. Il était de peaux de bêtes (veau, mouton, âne, etc.) travaillées de façon à les rendre aptes à supporter l’écriture. La meilleure qualité était fournie par la peau de veau mort-né : Le velin. Le parchemin résistait mieux au feu et à l’humidité que le papyrus, plus résistant et pouvait recevoir l’écriture sur les 2 faces (progrès considérable). Il pouvait être plié ou roulé. En assemblant plusieurs feuilles on obtenait, au moins dans son apparence extérieure, le livre moderne. On pouvait également effacer l’écriture et réutiliser le parchemin (Palimpseste). Même s’il avait définitivement remplacé le papyrus en Europe, le parchemin restait une matière rare et coûteuse, ce qui en limitait les bénéficiaires. Heureusement une nouvelle invention venant de chine allait remédier à cette carence.

Origine du papier.
On attribue à Tsai-Lun, conseiller et ministre de l’Empereur Ho-Tin, l’invention du papier. En réalité, Tsai-Lun améliora et codifia « l’art de faire le papier », qui en réalité doit être rattaché au nom du général Mong-Tian qui vivait trois siècles plus tôt.
En l’an 105 de notre ère, il avait imaginé de séparer les fibres de vieux chiffons, de vieux cordages ou de différentes matières végétales : chanvre, pousses de bambou, écorces de mûriers, paille de riz, etc., de faire pourrir cette matière, puis l’écraser sous un pilon dans un mortier. La pâte ainsi obtenue était diluée dans une grande auge remplie d’eau. Avec un rideau formé de fines baguettes de bambou (forme) que l’on plongeait une ou deux fois pour le papier mince, cinq ou six fois pour les papiers épais, on extrayait de la matière. Les feuilles retirées de ces formes étaient mises à sécher sur de grandes surfaces polies, chauffée comme des fours.

La route du papier
Jaloux de leur découverte, les Chinois gardèrent pendant des siècles le secret de leur procédé. Sauf le Japon, qui avait des rapport avec la Corée, et qui connut le papier dès le troisième siècle, cette industrie resta localisée en Chine jusqu’au huitième siècle. Lors de la bataille de Samarkand dans le Turkestan, en 751, entre les Arabes et les Chinois, ces derniers battus, laissèrent aux mains des vainqueurs, de nombreux prisonniers parmi lesquels des papetiers, qui furent obligés d’exercer leur métier. La civilisation arabe alors très florissante, allait répandre cette industrie dans les territoires qu’elle occupait. Après l’Inde, le Moyen-Orient, l’Egypte, le papier fit son apparition en Afrique du nord, puis en Europe, par la Sicile, puis l’Espagne ( Cadix, Séville, Jativa et Xativa ) alors occupée par les Arabes. De Sicile, le papier avait gagné l’Italie ( Fabriano), d’autre part, des Croisés français, fait prisonniers à la bataille de Mansourah, connurent les travaux forcés et furent utilisés dans des moulins à papier. Revenus en France, aidés en cela par la pénétration venant d’Espagne, ils répandirent cette industrie dans tout le pays. En Belgique, le premier moulin à papier fut installé par les moines de Sept-Fontaines en 1401. Un Second sera bientôt installé à Huy en 1405 par Jean l’Espagnol. Le papier sera bientôt connu dans toute l’Europe et même en Amérique grâce aux conquêtes espagnoles et aux émigrés. Néanmoins, les deux principales sources de cellulose sont : le papier recyclé et le bois. Le coton présent dans les chiffons est utilisé pour le papier de qualité comme pour les billets de banque.

Pour la fabrication du papier à l’époque, deux choses étaient primordiales :
Une rivière au cours assez vif pour actionner la roue du moulin (éventuellement création de biefs en dérivation) et une eau particulièrement pure pour alimenter les piles et les cuves ;
Un personnel formé par la tradition, au tour de main habile obtenu par une longue pratique.

Les matières premières étaient : -
Des chiffons : Lin, chanvre, coton, vieux cordages.
Des produits de complément (adjuvants) pour la charge et le collage : kaolin, talc, chaux, sulfate d’alumine, colles animales ou gélatines. On commençait par trier et classer les chiffons par qualités. Venait ensuite le délissage et le dérompage, qui consistait à éliminer les agrafes et autres corps étrangers, et à découper les chiffons en morceau de la grandeur d’une main.
Ces morceaux étaient lavés pour éliminer les graisses et impuretés, ils passaient alors au pourrissoir où, en présence de chaux, ils marinaient durant un temps soigneusement étudié (2 à 3 semaines) pour rendre plus faciles les opérations suivantes.
Les chiffons étaient alors portés aux pilons, pour la délicate opération du défibrage, destinée à produire la pâte à papier.
Ces pilons étaient d’immenses maillets montés par batterie de 3 ou 4 sur une sorte d’arbre de transmission garni de cames et actionné par la roue à aubes du moulin.
Ces maillets étaient garnis de pointes de métal pour les premiers (défileurs) et d’une plaque de métal pour les derniers (affleureurs).
L’arbre en tournant soulevait alternativement chaque maillet, puis le laissait retomber de tout son poids sur le fond de la pile où se trouvaient les chiffons baignant dans l’eau, jusqu’à l’obtention d’une pulpe très fine.
La pâte, soigneusement préparée, passait alors à la cuve où elle était diluée et maintenue à température constante (40 à 60°).
« L’ouvreur » ou « puiseur » y plongeait la forme, espèce de cadre en bois dont le fond était une sorte de tamis de la grandeur de la feuille à obtenir
En la relevant, il lui imprimait un mouvement de balancement destiné à croiser les fibres et bien laisser égoutter la pâte.
Il passait la forme au « coucheur » qui la renversait pour faire tomber la feuille encore humide sur un feutre et la recouvrait d’un autre feutre, et répétait l’opération jusqu’à l’obtention d’une pile de 25 à 50 feuilles (porse).
La porse était déposée sur une presse à vis pour en éliminer l’excès d’eau. Le « leveur » détachait les feuilles une à une et les portait au séchoir pour les faire sécher à l’air.
Le papier une fois séché était collé (ou non suivant le cas) avec de la colle animale ou de la gélatine par plongée de plusieurs feuilles à la fois dans le bain par le « colleur », puis remis à sécher, il était ensuite lissé à l’aide d’une pierre biseautée
Les feuilles étaient alors triées, comptées et mises en rames pour l’expédition. La plupart des feuilles étaient filigranées. Ce filigrane était très important, car il indiquait la qualité, la provenance et le format du papier. Dans la partie en relief du dessein, l’épaisseur de la pâte est moindre, et en regardant par transparence, on voit le dessin en clair.

Vers 1670, les fabricants hollandais inventèrent les cylindres. Ces cylindres garnis de lames métalliques tournaient dans une cuve au-dessus d’une platine également munie de lames.
Les piles hollandaises permettaient la fabrication de papier plus blanc et de meilleure qualité, en 3 fois moins de temps qu’avec les maillets.
En 1798, un Français, Nicolas Louis Robert, inventa la machine «en continu », qui consistait en une toile sans, placée au-dessus d’une cuve, d’où une roue à palettes extrayait la pâte et l’y déposait. Le tout était actionné par une manivelle tournée à la main.
Cette machine fut améliorée par Didot St Léger avec l’aide d’ingénieurs anglais dont un certain « Foudrinier ». Les premières machines industrielles sortirent vers 1803-1804, mais ne prendront leur forme définitive que vers le milieu du 19ème siècle.

L’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1436, tout en vulgarisant la culture, provoqua une très forte augmentation de la consommation du papier.
Il n’y eut donc plus assez de chiffons, et on essaya d’autres matériaux (feuilles des arbres, orties, paille, etc.).Un moulin à papier de Bruxelles utilisa même la sciure de bois.
Mais c’est en Allemagne qu’un nommé Keller mis au point la fabrication du papier à partir du bois (1840).

Cette nouvelle matière, plus l’introduction de la machine à vapeur, fit faire un énorme bond en avant à la papeterie à partir de 1860-1870 et la croissance continue encore à l’heure actuelle.
Arma dei

Re: Les supports d'ecriture

Message non lupar Arma dei » 04 nov. 2009 11:48

Andrieu Dervenn a écrit :Fabrication du papier (sources de l' Institut Provincial Arts et Métiers de Nivelles.)


Historique.
L’écriture était née.
Les Sumériens, les Phéniciens, puis les Grecs et les Romains modifièrent et simplifièrent cette écriture pour arriver à notre alphabet.




Que l'on appelle écriture cunéifomre, car les pictogrammes étaient tracés à l'aide d'un calame en forme de coin.

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